Monaco Hebdo n° 366 - du 27 février au 5 mars 2003

 

Respect des prérogatives princières contre droits du Parlement



U ne fois installé à la tribune, le nouveau président évoquait d’abord un «moment d’intense émotion», avant de rappeler sa filiation politique à travers deux anciens présidents de l’Assemblée : Louis Auréglia (président de 1950 à 1954 puis de 1955 à 1958) et Jean-Charles Rey (président de 1978 à 1993). En Louis Auréglia, Stéphane Valéri affirmait voir un exemple de «service de l’intérêt général du pays» et d’«intégrité qui doit être la qualité première de tout homme public». De Jean-Charles Rey, il retenait l’«intelligence politique exceptionnelle» et le sens du pluralisme. Un double rappel qui permettait aussi à Stéphane Valéri de réunir habilement en sa personne les deux héritages les plus importants de l’histoire politique monégasque : celui de la frange sociale et celui de la frange plus conservatrice. «Il convient de respecter les droits accordés au Parlement» Le nouveau président se félicitait ensuite du record de participation enregistré lors du scrutin du 9 février et en profitait pour renouveler l’une de ses promesses électorales : instaurer le vote par procuration. Avant de souligner que l’alternance vécue la semaine précédente était «la preuve irréfutable de l’esprit démocratique de nos institutions». Evoquant «l’évolution sereine», mot d’ordre de l’UPM dans cette campagne, Stéphane Valéri rappelait en préa-lable qu’elle s’inscrivait dans le contexte d’un «attachement indéfectible à S.A.S. le Prince souverain, S.A.S. le Prince héréditaire Albert et à l’ensemble de la famille princière». Cette évolution se joue aussi «dans le respect des Institutions et des prérogatives du Prince souverain qui sont essentielles, conformément à nos textes et traditions». Avant de préciser immédiatement que cette évolution promise devait «concerner aussi la défense des droits institutionnels du Conseil national, dont les élus sont l’expression de la volonté des Monégasques» (...) «il convient de respecter les institutions et notamment les droits accordés au Parlement par la récente révision constitutionnelle, notamment en matière de proposition de lois et de droit d’amendement, renforcés par rapport au texte précédent (...) c’est dans un esprit de concertation et de recherche du consensus que nous souhaitons travailler avec le gouvernement princier, dans l’intérêt supérieur du pays, afin de prendre en compte les attentes et aspirations exprimées par nos compatriotes». Car Stéphane Valéri le soulignait aussi «la large victoire de l’Union pour Monaco est celle de l’espoir et de la volonté de renouveau. Elle suscite une grande attente chez les Monégasques et je remercie S.E.M. le Ministre d’Etat, dès le 10 février, dans un courrier qu’il m’a adressé, d’avoir affirmé la volonté de dialogue et de coopération du Gouvernement». Et de prendre les Monégasques à témoin en rapportant publiquement les écrits du Ministre : «une politique conforme aux exigences de notre temps, tout en étant respectueuse de l’identité monégasque». Le leader de l’UPM se réjouissait aussi du premier geste d’ouverture du gouvernement : l’acceptation des caméras pour cette séance d’investiture. Avant d’enfoncer le clou : «nous souhaitons, comme cela se passe dans tous les Parlements du monde, qu’à l’avenir toutes les séances publiques du Conseil national puissent être télévisées». Un discours politiquement pondéré mais qui pose les vrais enjeux de ce nouveau mandat, à savoir le respect d’un nouvel équilibre entre les pouvoirs du Prince et ceux du Parlement.

C. B.



 




 



 




 





 

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