Monaco Hebdo n° 366 - du 27 février au 5 mars 2003

 

Stéphane Valéri élu président du Conseil national

Le 20 février dernier avait lieu l’installation officielle du nouveau Conseil national, en présence des membres du gouvernement et de nombreuses personnalités et représentants des corps constitués. Hic, de nombreux nationaux sont restés sur le pas de la porte par manque de place dans l’enceinte du Parlement

Première séance mouvementée C ’est par 21 voix et deux blancs (sans doute ceux des deux conseillers UND présents ce soir-là) que Stéphane Valéri a enfin atteint le perchoir convoité du Conseil national. Comme prévu, la discipline de vote en faveur du leader de l’UP a joué à plein parmi les candidats des mouvements alliés (UNAM et PFM). Avec un renvoi d’ascenseur (prévisible lui aussi) puisque Claude Boisson, président de l’UNAM arrivé 3ème au scrutin du 9 février dernier, héritait, lui, de la vice-présidence avec également 21 voix et deux blancs. Absence remarquée sur les bancs de l’opposition en cette soirée d’installation, celle d’Henry Rey, en vacances, qui avait pourtant affirmé la semaine dernière dans nos colonnes qu’il siègerait. Avant que le doyen du Conseil national sortant, Jean Joseph Pastor, n’assure officiellement la passation de pouvoir, le Ministre d’Etat était venu saluer un à un les nouveaux élus, sous les flashs des photographes et l’œil des caméras. Selon la nouvelle politique de communication désirée par l’Assemblée UPM, la chaîne câblée locale pourrait désormais venir régulièrement couvrir les débats publics. A condition bien sûr que le gouvernement en soit d’accord. «Y’en a marre des privilèges !» Reste que cette soirée d’installation a été marquée par un incident plutôt symbolique de l’attente populaire placée dans la nouvelle Assemblée. Massés devant l’entrée publique du Conseil national (pour certains depuis 15 heures l’après-midi), les Monégasques avaient bravé le froid pour venir assister à l’installation du nouveau Parlement. Mauvaise appréciation de la situation ou flottement lié à la passation des pouvoirs (la nouvelle Assemblée n’est en effet responsable du fonctionnement du Parlement qu’à partir du moment où son président est officiellement désigné), toujours est-il que le démarrage de la séance a donné lieu à un incroyable cafouillage. «Nous étions agglutinés devant l’entrée, pour certains depuis deux heures, explique Max Brousse, ancien doyen du Conseil national et l’un des protagonistes de l’événement. Finalement, à 17 h 30 on nous a ouvert et l’on nous a fait monter au premier étage devant la porte de l’hémicycle. Là nous avons attendu. Tout à coup, alors que les portes s’ouvraient par hasard pour laisser sortir quelqu’un, nous avons compris qu’à l’intérieur la séance avait déjà commencé, puisque le nouveau président était en train de faire son discours. Mais surtout, nous avons vu que toutes les places étaient occupées par des officiels. Alors les gens ont perdu patience. En tant que doyen, j’ai été propulsé vers l’avant pour intervenir et j’ai crié publiquement que c’était inadmissible». Que s’est-il passé ? D’abord du fait de l’augmentation du nombre d’élus (de 18 à 24), il a fallu faire de la place dans l’hémicycle. Une rangée de sièges a donc été supprimée dans le public. Le soir de l’installation, un grand nombre d’officiels s’étant présentés (anciens élus, conseillers communaux, fonctionnaires de haut rang), ils ont été introduits dans l’enceinte de l’Assemblée par l’entrée réservée, occupant ainsi tous les sièges du public. D’où certains cris entendus parmi la population : à propos des élus sortants, «ceux-là, on les a pourtant mis dehors, ils n’ont rien à faire là», ou encore «alors ça continue ?», «y’en a marre des privilèges, on est aussi Monégasques que les autres et on veut entrer». Un épisode hautement symbolique de l’attente qui habite la population monégasque vis-à-vis de la nouvelle majorité mais aussi du degré d’exigence qui sera le sien. Dès le premier soir, les électeurs de l’UPM ont manifesté bruyamment leur refus de se faire dépouiller de «leur» victoire. Ces échauffourées ont largement brouillé le début de l’allocution du nouveau président. Mais elles lui ont aussi fourni des arguments pour demander au gouvernement d’entamer au plus vite les travaux du nouveau Parlement.

C. B.



 




 



 




 





 

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