Monaco Hebdo n° 366 - du 27 février au 5 mars 2003

 

Un cas de tuberculose chez Tchaï



S eulement deux mois après son ouverture, Tchaï, le nouveau restaurant asiatique de la SBM, situé dans l’enceinte du casino, doit faire face à une crise majeure. Une employée, originaire de Thaïlande et qui travaillait dans les cuisines, est en congé maladie depuis janvier dernier pour… tuberculose pulmonaire*. Révélée par Le Patriote (édition du 14 au 20 février 2003), cette affaire fait une mauvaise publicité au tout jeune successeur de Toum. Si les risques pour les clients semblent inexistants, c’est la gestion de la crise qui est en cause. Le gouvernement n’était pas informé «Le médecin du travail a constaté qu’une salariée était atteinte de tuberculose. Il a informé la DASS de Monaco et celle de France car l’employée habite à Cap-d’Ail, dans un des logements de la SBM. Nous avons aussi informé le Comité d’hygiène et de sécurité. Et une note a été affichée à l’intention du personnel de Tchaï et du Train Bleu», explique Jacques Maire, directeur des ressources humaines de la SBM. La DASS a alors mené son enquête. «Nous avons donné les suites habituelles à ce type de dossier. Nous avons convoqué les sujets qui étaient en contact étroit ou régulier avec la malade», déclare le Dr Anne Nègre, directeur de l’Action sanitaire et sociale (DASS). En tout, près de 50 personnes ont été convoquées et suivies médicalement au CHPG. «D’autres employés sont aussi venus spontanément pour se faire dépister», précise-t-elle. Et deux personnes sont en traitement préventif. Etant donné que la période d’incubation varie de six semaines à plusieurs mois et que les analyses sont en cours, pourquoi ne pas avoir procédé, par mesure de précaution, à une fermeture provisoire de l’établissement ? «Nous avons suivi l’avis de la DASS», répond Jacques Maire. «Si on avait eu le moindre doute, on aurait pris les décisions qui s’imposaient», se justifie le Dr Nègre qui explique avoir agi en concertation avec le médecin du travail, le médecin inspecteur de la DASS et des médecins du CHPG. Problème : la décision de fermeture d’un établissement posant un problème de santé publique est prise par le Ministre d’Etat, en concertation avec le conseiller de l’Intérieur. Or ni l’un ni l’autre n’ont été informés de l’affaire… «Nous avons traité le dossier à notre niveau. Nous faisons remonter l’information quand on le juge nécessaire. L’enquête était en cours et nous nous apprêtions à organiser une réunion avec le conseiller de l’Intérieur», explique le Dr Nègre. Questions : depuis quand la malade, qui est une ancienne salariée de Toum, est-elle atteinte de tuberculose ? Où a-t-elle contracté la maladie ? Pourquoi cette salariée n’était-elle pas vacciné alors que le BCG est obligatoire ? Pas de réponses pour le moment. Du côté des salariés de la SBM, «il y a beaucoup d’inquiétude. Ce que l’on reproche à la direction, c’est de ne pas nous avoir donné l’information dans un délai plus court : une note d’affichage ne suffit pas car les salariés ne la lisent pas. En plus, il aurait fallu nous expliquer clairement comment se transmet la maladie, pour éviter la panique», indique un représentant syndical. * Selon l’OMS, la tuberculose est une maladie contagieuse qui se propage par voie aérienne : quand les personnes atteintes toussent, éternuent, parlent ou crachent, elles projettent dans l’air les germes de la maladie. Il suffit d’en inhaler quelques-uns pour être infecté.

S. B.

Livre d’or de la Sûreté publique Deux policiers inculpés pour escroquerie

 


E ncore un coup dur pour la police monégasque. Deux mois après le procès Ted Maher, la Sûreté publique est de nouveau sous les feux de l’actualité, mais cette fois, pour une histoire d’escroquerie impliquant deux policiers. Cette affaire met en scène un inspecteur divisionnaire et un policier, tous deux inculpés pour escroquerie. Ils auraient exercé des pressions sur des commerçants pour qu’ils achètent des pages de publicité dans le livre d’or préparé par l’Amicale de la police à l’occasion du centenaire de la Sûreté publique. Alerté par des plaintes de commerçants, le département de l’Intérieur a diligenté une enquête auprès de l’Amicale. Enquête qui a conduit à l’ouverture d’une information judiciaire. Une filiale monégasque de la société suisse IMS était chargée, par l’Amicale, de démarcher des annonceurs publicitaires. «Cette société démarchait et les deux policiers rappelaient les commerçants en insistant et en employant des méthodes plutôt musclées. Ces derniers se seraient laissé tenter en prospectant», indique-t-on de source proche de l’enquête. Il faut dire que les sommes étaients juteuses. Avec 1,5 millions d’euros (la moitié déjà récoltée, l’autre en promesses de dons) et une page de publicité facturée en moyenne 15.000 euros, les policiers auraient mis de l’argent de côté en Suisse, en ouvrant un compte à leur nom dans la même banque genevoise que celle de la société IMS. Certaines zones d’ombres demeurent que devra élucider l’enquête qui se poursuit en Suisse. Les prévenus, qui ont été suspendus de leurs fonctions, risquent cinq ans de prison. En attendant, l’Intérieur affirme qu’aucune opération de démarchage ne sera plus autorisée, que ce soit au titre des activités sportives ou au-tres de l’Amicale. A suivre…

 



 




 





 

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